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le surf en eau froide

Santé et environnement

Les risques liés au surf en eau froide : exostose et hypothermie

L'environnement conditionne la pratique du surf. Le climat, la température de l'eau, sa salinité, la pollution chimique, bactériologique ou autre ont un impact direct sur la santé des pratiquants de sports de glisse. Dans le Cotentin, le surf en hiver est marqué par des conditions difficiles : vents forts mais surtout eau froide. Malgré la présence de la dérive Nord-Atlantique, la température de l'eau descend en janvier février aux alentours de 7°C et il convient donc d'être informer des dangers du surf en eau froide.

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Matériel nécessaire 

En hiver, la combinaison et les chaussons en néoprène sont obligatoires. Autrefois, une combinaison 5x4 (5mm d'épaisseur pour le buste, 4mm pour les jambes et les bras) était nécessaire. Aujourd'hui, avec les progrès réalisés dans les nouveaux matériaux, une 4x3 est suffisante. Le néoprène utilisé est en effet plus performant et isolant, et permet ainsi une meilleure liberté de mouvement. Le tout est de prendre la bonne taille : ni trop petit (vous ne pourriez pas respirer), ni trop grand (l'eau s'infiltrerait trop facilement). Le principe de la combinaison est le suivant. L'eau s'infiltre dans le peu d'espace qu'il y a entre la peau et le néoprène. Une sensation de froid envahit alors le surfeur. Mais cette mince pellicule d'eau va ensuite se réchauffer au contact de la chaleur du corps et envelopper le surfeur de chaleur. Le principe est le même pour les chaussons.

 

Température moyenne de l'eau par mois dans le Cotentin

 JanFévMarAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDéc
Nord11°14°15°17°17°16°13°11°
Ouest12°14°17°18°17°16°14°11°


Il faut savoir que 70 à 80 % de la chaleur du corps s'échappe par le coup et la tête, le reste essentiellement par le torse et l'abdomen (c'est pour cela que les combinaisons de surf sont plus épaisses au niveau du torse). Le port de la cagoule est donc loin d'être obsolète. Il faut autant que possible rentrer progressivement dans l'eau froide  de manière a diminuer les effets de l'amplitude thermique entre le corps à 37°C et une eau à moins de 10°C. Il est également fortement conseillé de porter des gants et une cagoule, même si certains surfeurs s'en passent. L'eau froide multiplie en effet les problèmes d'articulation, mais développe également l'exostose. Pour avoir une idée la température de l'eau en surface, cliquez sur ce lien : http://www.meteociel.com/accueil/sst.php.

Choix de combinaison

< 10°C : 4x3 ou 5x4 pour sessions plus longues, chaussons, gants, cagoule.
10°C à 12°C : 4x3 mm, chaussons, gants, cagoule.
12°C à 14°C : 4x3, chaussons, gants si frileux.
14°C à 16°C : 3x2, chaussons si frileux.
16°C à 18°C : 3x2, 2x1, shorty, boardshort.

  


L'exostose

L'exostose est une excroissance osseuse bénigne dans l'oreille. Développée au niveau de la portion osseuse du conduit auditif externe, elle est dans la majorité des cas bien tolérées, mais elle peut avoir un retentissement fonctionnel non négligeable, tel que des otites externes récidivantes ou une hypoacousie de transmission. Un traitement chirurgical est alors nécessaire. Habituellement multiples et bilatérales, les exostoses sont constituées par des couches lamellaires d'os compact d'origine périostée. Pauvres en canaux fibrovasculaires de Havers, elles ont une large base d'implantation et sont recouvertes de peau saine qui est à ce niveau très fine et fragile.

Épidémiologie et facteurs étiopathogéniques

Tout élément à l'origine de la stimulation locale de l'ostéogenèse est susceptible d'entraîner une exostose. Le sport nautique en eau froide est sans conteste le facteur prédisposant majeur : c'est la double action du froid et de l'action mécanique de l'eau qui provoque l'irritation de l'os périosté mal protégé par un épithélium très mince à ce niveau.
Les surfeurs sont particulièrement exposés à ces exostoses, probablement parce que les turbulences des vagues entraînent des projections d'eau qui exposent beaucoup plus leurs oreilles que celles de simples nageurs.

Les circonstances de découverte sont diverses et variées. Si vous êtes surfeur et victime d'un de ces symptômes, n'hésitez pas à consulter : Otites externes - Bouchons de cérumen - Hypoacousie. Le diagnostic est essentiellement otoscopique : excroissance osseuse mamelonnée habituellement multiple et retrouvée dans l'oreille controlatérale. Le tympan est plus ou moins visible selon l'importance de l'exostose. En cas de sténose sub-totale, une étude radiologique par tomodensitométrie dans les deux plans axial et coronal permet de situer les lésions par rapport au plan de la membrane tympanique et de déceler une éventuelle propagation à l'oreille moyenne.

Évolution et tolérance

Une étude japonaise a révélé que les exostoses apparaissent en moyenne après cinq ans de pratique régulière de sport nautique (surf) en eau froide et elles évoluent vers une sténose sévère en 7 à 12 ans. Il est cependant impossible de prévoir si la sténose se compliquera ou si elle se stabilisera malgré la poursuite du sport. La plupart des exostoses sont bien tolérées. Elles ne deviennent gênantes que lorsqu'elles constituent un obstacle à l'élimination du cérumen ou des squames épidermiques. L'accumulation de squames peut engendrer une surinfection ou des otites externes récidivantes. De plus, l'obstruction provoquée par les excroissances osseuses et les réactions cutanées peuvent causer une surdité de transmission.
Enfin, la survenue d'un choléstéatome entre sténose et tympan est rare.

Indications opératoires

L'indication opératoire est relativement rare, car la plupart des exostoses sont très bien tolérées. Une intervention d'alésage du conduit osseux devient impérative lorsque les exostoses se compliquent d'otites externes à répétition ou de rétention épidermique.
Elle est relative en cas d'hypoacousie de transmission et / ou d'acouphènes provoqués par le contact exostose / tympan.
L'alésage d'un conduit auditif externe pour exostose est une intervention relativement difficile, et cela d'autant plus que les exostoses sont importantes et rétrécissent considérablement la lumière du conduit. Cette notion plaide pour une intervention relativement précoce. C'est dans ces formes oblitérantes que la cicatrisation s'avère parfois longue et peut nécessiter le recours à une greffe cutanée.

Un alésage pour une sténose encore bien tolérée est plus aisé à réaliser, mais ne serait peut-être pas nécessaire si les exostoses ne poursuivent pas leur croissance, ce qui est en fait difficile à prévoir. L'indication opératoire doit être discutée en fonction de la gêne ressentie, de l'âge et du désir de poursuivre les activités nautiques.
(Sources : htpp://www.aresub.org)

 

L'hypothermie

L'hypothermie est un danger qui guette les surfeurs hivernaux en tout temps... Et il n'est pas nécessaire de passer du temps dans l'eau pour en ressentir les effets. Essayez de rentrer dans une eau à 8°C en sortant tout juste d'une voiture chauffé, le résultat est généralement une crise d'hypothermie (perte total de l'orientation, plus moyen de s'assoire sur sa planche sans tomber et pour retrouver la surface il faut suivre le leash).

Concrètement, l'hypothermie est une situation dans laquelle la température centrale d'un animal à sang chaud (un surfeur par exemple) ne permet plus d'assurer correctement les fonctions vitales.
Chez les êtres humains, la température interne normale est de 37 °C ; la thermorégulation est une des fonctions permettant d'assurer le bon déroulement des réactions chimiques et biologiques nécessaires à la vie (homéostasie).
On parle d'hypothermie lorsque la température centrale est inférieure à 35 °C :
* de 37 à 35 °C : normothermie ;
* de 35 à 34 °C : hypothermie modérée ;
* de 34 à 32 °C : hypothermie moyenne ;
* de 32 à 25 °C : hypothermie grave ;
* en dessous de 25 °C : hypothermie majeure.

L'hypothermie, dans le cadre de la pratique du surf,  résulte d'une exposition prolongée dans l'eau froide, ou bien d'une dérégulation de l'organisme (changement de température trop brutal pour l'organisme.Elle se constate essentiellement par la mesure de la température centrale. Dans le cadre de l'urgence, on se contente de la mesure de la température auriculaire. Il faut noter que la victime peut avoir une peau froide, mais une température interne correcte, l'hypothermie n'est alors pas encore installée mais est une évolution probable en ambiance froide.

* T° 35 - 32 ° C : frissons, vasoconstriction, baisse de la tension artérielle, respiration rapide (tachypnée), pouls rapide (tachycardie) ;

* T° < 32 ° C : troubles de conscience, hypertonie diffuse, pupilles contractées (myosis), ralentissement du cœur (bradycardie) ;

* T° < 30 ° C : coma, pupilles dilatées (mydriase), respiration lente (bradypnée), bradycardie, hypotension, " état de mort apparente " ;

En dessous de 28 °C il y a un risque d'arrêt cardiaque par fibrillation ventriculaire.

Les cas d'hypothermie en surf sont rares dans le Cotentin, mais ont déjà été observés. Quand les vagues sont belles l'hiver, certains peuvent rester plus que de raison dans l'eau et s'exposer à ce risque. Le risque principal est une injection du sang périphérique, froid, vers l'intérieur du corps, qui provoquerait un abaissement supplémentaire de la température centrale. Ceci peut survenir si l'on fait faire des mouvements à la victime, si on la bouge sans précaution, ou si on tente de la réchauffer de manière active (frottement, contact avec un objet chaud) : cela active la circulation au niveau de la peau.

La lutte contre l'hypothermie doit donc se faire essentiellement par un réchauffement passif : la victime est mise dans une ambiance chaude et se réchauffe toute seule. En effet, si l'on apporte activement de la chaleur par l'extérieur, cela provoque des réactions néfastes :

* injection du sang périphérique, encore froid, vers la partie centrale du corps, et donc un refroidissement de la température centrale ;

* comme la peau est froide, le transfert de chaleur est plus important et peut provoquer des brûlures, et ce d'autant plus qu'en raison de l'anesthésie créée par le froid, la victime ne sent pas la douleur.

En extérieur, la victime doit donc être couverte en attendant l'arrivée des secours. Elle sera transférée avec prudence dans la cellule sanitaire chauffée du véhicule d'intervention. Si une personne a séjourné dans de l'eau froide, elle est déshabillée une fois en ambiance chaude (en ambiance froide, les vêtements, même mouillés, limitent les fuites de chaleur).

 

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