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Les projets d'éoliennes en mer se multiplient au large des côtes françaises

 Les industriels multiplient les projets d’éoliennes en mer (offshore) au large des côtes françaises, en particulier en Manche, mais beaucoup de ces projets n’en sont encore qu’au stade d’ébauche. "C’est une véritable course à l’échalote", constatent chacun de leur côté Christian Delabie, à l’Agence pour la maîtrise de l’énergie (Ademe) à Caen et Béatrice Harmel, secrétaire générale du comité régional des pêches à Cherbourg, très sollicités par des promoteurs qui veulent s’informer ou rassurer.

 "L’un d’eux nous a même emmené à Liverpool pour visiter un parc éolien en mer", ajoute la représentante du comité des pêches. Le syndicat des énergies renouvelables (SER) qui regroupe des industriels du secteur a recensé une dizaine de projets en cours susceptibles de contribuer à l’objectif de 4.000 MW de capacité de production en mer, soit 800 à 900 éoliennes en mer à l’horizon 2015, fixé par l’Etat. La France est pour l’heure dépourvue d’éoliennes en mer, alors que le Danemark en utilise depuis 1991. "Il y a une espèce de frénésie actuellement. Il faut se positionner pour ne pas passer à côté de l’opportunité", observe Marion Lettry, déléguée générale adjointe du SER. L’Etat lui a dénombré encore plus de projets, 18 de la baie du Mont-Saint-Michel à la frontière franco-belge, dont 17 en "phase de montage", et six sur l’Atlantique, selon les préfectures maritimes concernées.

Les industriels sont motivés par le tarif de rachat de cette électricité : 130 euros le MWh (contre un prix de gros du courant classique de 50 euros/MWh) en France. Exemple de cet engouement, deux projets concurrents de 50 éoliennes sur la même zone au large du Calvados, ont été annoncés à quelques mois d’intervalle par l’allemand WPD, et l’entreprise de BTP lyonnaise Maïa dont la filiale Maïa Eolis est détenue à 49% par GDF Suez. Et au moins deux autres entreprises travaillent sur la même zone, selon des sources proches de l’Etat. Mais pour l’instant, un seul projet a été instruit en France : les 21 éoliennes de l’allemand Enertrag au large de Veulettes-sur-mer (Seine-maritime) qui ont obtenu leur permis de construire en septembre. Et "au final il va y avoir un "écrémage" entre les projets, assure un industriel.

Car l’équation de l’off-shore est complexe. Pour obtenir le feu vert de l’Etat, il faut tenir compte de la sécurité maritime, de la pêche, de la navigation commerciale, de l’extraction de granulat, de l’extension en cours des zones protégées de Natura 2000, de la protection des oiseaux, ou des munitions qui sommeillent en Manche. La filiale de Suez la Compagnie du vent en sait quelque chose. Elle retravaille un projet de 141 éoliennes au large de la Seine-Maritime et de la Somme, refusé par l’Etat en 2006 en raison d’une zone minée. Au delà, "tout est plus ou moins bloqué par un flou juridique complet. On attend la loi de mise en oeuvre de Grenelle de l’environnement 2", qui doit être présentée au conseil des ministres fin octobre début novembre, pour l’éclaircir, souligne Mme Lettry.

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 En tout cas, l’une des communes concernées par les projets du Calvados, Colleville-sur-mer, a déjà voté en mai à l’unanimité une délibération en faveur du principe d’un parc éolien offshore, en mettant en avant les moindres nuisances visuelles et sonores de l’offshore comparé au terrestre. Et les pêcheurs ne s’opposeront pas a priori à l’un ou l’autre de ces deux projets situés sur une zone "de moindre coquille Saint-Jacques". Mais "nous réclamons un schéma directeur", pour éviter une poussée anarchique des parcs, souligne Mme Harmel.

 

Voici les projets les plus médiatisés par les industriels :

-  Au large de Veulettes-sur-mer (Seine-maritime) : L’allemand Enertrag vient de recevoir un permis de construire pour 21 éoliennes pour un parc de 105 MW et 300 millions d’euros d’investissement. Une mise en service est annoncée d’ici à fin 2009.

 - Au large de l’ouest du Calvados, non loin des plages du Débarquement : L’allemand WPD, qui a obtenu le permis de construire pour le premier parc éolien off-shore en Allemagne en 2009, et Maïa, proposent chacun de construire 50 éoliennes pour une puissance totale de 250 MW et un coût de 600 M EUR. Maïa est un groupe de BTP lyonnais diversifié dans l’éolien terrestre dont la filiale Maïa Eolis est détenue à 49% par GDF Suez. WPD et Maïa veulent déposer une demande de permis de construire courant 2009.

 - En baie de Saint-Brieuc : Poweo travaille sur une trentaine d’éoliennes, pour une puissance totale de 150 MW. Le fournisseur privé d’électricité créé en 2002 par Charles Beigbeder, fondateur du courtier en ligne Selftrade, annonce un investissement 500 M EUR. Demande de permis de construire prévue courant 2009.

 - Au large du Tréport, de la Seine-Maritime et de la Somme La Compagnie du vent, filiale de Suez, veut investir 1,5 milliard d’euros, pour 141 éoliennes sur 70 km2 et une puissance de 705 MW. Elle a dû revoir son projet après un refus de l’Etat de l’instruire car il se situait sur une zone minée. Demande de permis de construire prévue courant 2009.

 - Au large de la Loire-atlantique : EDF Energies nouvelles a annoncé un projet de 12 éoliennes pour 75 MW et environ 200 M EUR.

 - Au large de la Vendée : WPD a annoncé un projet de 120 éoliennes pour un investissement de 1,5 md EUR, moins avancé que dans le Calvados. Mais le président du conseil général Philippe de Villiers y est hostile.

 - Au large de Fécamp (Seine-Maritime) : WPD annonce un projet de 60 éoliennes pour 300 MW et 700 M EUR, moins avancé que le Calvados.

Source : AFP
Date : 10/10/2008 17:3

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