Grenelle de la mer: c'est pas gagnéLe Grenelle de la mer a débuté ses travaux en ce mois d'avril 2009. Près de 200 experts - représentants de l'Etat, des élus, des syndicats, des fédérations professionnelles et des écologistes - vont plancher pendant deux mois afin de formuler ce que pourrait être la future politique française de la mer. L'Hexagone détient le deuxième espace maritime au monde grâce à ses territoires d'outre-mer. Le ministre de l'écologie a demandé aux participants d'être "ambitieux et innovants". Le processus suivra ensuite les autres étapes déjà initiées par le Grenelle de l'environnement : consultation en ligne des Français et organisation de réunions publiques en région. Une table ronde finale est prévue au début de l'été. Mais, entre une corporation des pêcheurs en crise et des organisations non gouvernementales (ONG) qui appellent à "un véritable changement de cap", le dialogue ne sera pas facile. L'exercice risque aussi de buter rapidement sur un obstacle de taille : la politique de la pêche se décide au niveau européen, à Bruxelles. Le Grenelle de l'environnement était largement passé à côté des enjeux que représentent les milieux marins. Les océans et les zones côtières fournissent plus de 60 % des services rendus à l'homme par l'ensemble des écosystèmes. Plus d'un milliard de personnes dépendent des ressources halieutiques pour leur alimentation en protéines animales. Et les océans assurent un quart du stockage des gaz à effet de serre (Sources : Le Monde, 14/04/09). Entre l'effondrement des stocks de poisson, la difficulté d'uniformiser les règles au niveau européen et mondial, le flou juridique autour de la loi littoral en France, ou encore l'absence de cohérence concernant l'aménagement du littoral (qui ne doit plus dépendre de logiques communales, mais être pensé à une échelle géographique plus large), on peut se demander si la moindre avancée sera observée... Rendez-vous cet été pour en savoir plus !
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