Le documentaire de Yann Arthus-Bertrand, diffusé ce vendredi soir sur France 2, internet et au cinéma, a bénéficié d’une campagne de promotion à laquelle même l'Elysée a participé... Que faut-il en penser ?
Rares sont les documentaires à bénéficier d’une telle campagne de promotion. «Home», le documentaire de Yann Arthus-Bertrand (produit par Luc Besson), ne risque pas de passer inaperçu. Programmé ce vendredi soir à 20h35 sur France 2, le film, qui propose des images de la Terre vue du ciel pour attirer l'attention du téléspectateur sur la beauté de la planète et des dangers qui la menacent, est aussi sur tous les fronts: il est diffusé sur internet, au cinéma et en projections extérieures. Le film est bien entendu à l’honneur dans la presse française. Déferlante médiatique Depuis minuit, la version courte de «Home» est disponible gratuitement sur YouTube, avec un habillage spécial, dans le monde entier et vous pouvez également le voir sur le site officiel du film. La campagne sur le Net ne s’arrête pas là. Jeudi, Nicolas Sarkozy s’est posé en attaché de presse de luxe du film, soutenant officiellement le documentaire qu’il a visionné en avant-première à l'Elysée. «C'est surtout un message important pour nous sensibiliser aux enjeux urgents liés au réchauffement climatique, qui est aujourd'hui le plus grand défi auquel l'humanité entière et unie doive faire face», affirme-t-il selon un message posté jeudi sur son profil Facebook (sources : 20minutes.fr). Un film opportuniste, simpliste, et au final consumériste On était habitué au discours très binaire de Yann-Arthus Bertrand : l’Homme est mauvais et la Terre est belle, l’homme est le parasite et la Terre est la richesse, pour paraphraser l’édito de Libération, que je vous conseille de lire, signé par l’écrivain Iegor Gran, le seul dans la Presse française à oser s’attaquer à de tels bons sentiments. Et il est clair que ce film n’a d’intérêt que par sa beauté tant on y enfonce des portes ouvertes. Surfant sur l’hystérie collective du réchauffement climatique, François Pinault, homme d'affaire et « mécène » du film, nous explique très sérieusement qu’il « faut donner du sens à nos affaires ». Le marketing est imparable et idéal pour redorer le blason des marques de l’industriel (Conforama, Gucci, Sergio Rossi… etc.) - longuement énumérées au générique. Faire un film contre la société de consommation pour vendre plus : un paradoxe qui semble assumé quand on voit le merchandising fait autour du film… Mais messieurs Besson, Pinault et YAB ont déjà leur réponse toute trouvée « c’est mieux que de ne rien faire non » ? Seul problème : ce n’est pas nous qu’il faut convaincre les gars, ce sont les politiques que nous avons élu sur de belles promesses, à grand coup de grenelles de toutes sortes. Mais tout comme la guerre est un accélérateur de l’histoire, les catastrophes environnementales (marées noires, nucléaire…etc) sont malheureusment les seuls « chocs » qui créent une réelle prise de conscience et permettent d’avancer. 
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