Sortez vos agendas La nuit la plus courte de l'année est enfin là, c'est parti pour 3 mois. Mais avant de courir à la plage cet été, n'oubliez pas vos agendas. Le printemps 2007 a en effet été riche en événements. Entre les promesses du nouveau ministère de l'Ecologie aux supers pouvoirs, l'échéance du prochain G8 et le verdict du procès Erika, il y a beaucoup de rendez-vous à prendre. Un nouveau super-héros : le Ministère de l'Ecologie Commençons par le nouveau gouvernement et son nouveau ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagements durables Jean-Louis Borloo, en remplacement d'Alain Juppé, contraint de démissionner à la suite de sa défaite aux élections législatives. Il y a un mois, Alain Juppé, seul ministre d'Etat, en charge de l'Ecologie, du développement et de l'aménagement durables (MEDAD), avait vu ses compétences très élargies et confirmées dans le décret paru au Journal officiel. Le domaine de compétence de ce nouveau " super ministère " se déployait sur le développement durable et l'environnement, l'énergie et des matières premières, la sécurité industrielle, les transports et de leurs infrastructures, l'équipement, l'aménagement foncier et rural, l'urbanisme, l'aménagement et le développement du territoire et de la mer, à l'exception de la pêche, des cultures marines et de la construction et de la réparation navales, selon le communiqué du conseil des ministres.
La formation de ce ministère de l'Ecologie aux compétences étendues semble s'inscrire dans le cadre du respect de la charte de l'environnement de Nicolas Hulot, qui préconisait de mettre en place un vice-premier-ministre, en charge de l'écologie. Ce qui est remarquable dans ce nouveau gouvernement, c'est la redéfinition des ministères. Outre celui de l'Ecologie, le sport et la santé ont par exemple été réunis. Après tout pourquoi pas ? Les deux sont liés finalement. Mais pour l'Ecologie, comment se fait-il que la pêche lui échappe. Tous les spécialistes s'accordent pourtant à dire que les réserves halieutiques s'épuisent et que la surexploitation des stocks de poisson nous conduit à une catastrophe évidente. De même, il est incontestable que l'agriculture constitue l'une des sources principales de pollution. Pour exemple, la présence de nitrates dans les eaux continentales provient à 66 % de l'agriculture, suite à l'épandage de doses massives d'engrais azotés et de lisier (effluents d'élevage). Pourquoi donc ne pas avoir fait fusionner agriculture et Ecologie au sein d'un seul ministère ? Sans doute car les intérêts des pêcheurs et des agriculteurs demeurent en inadéquation avec une logique de développement durable. Et c'est pourtant là que le politique devrait jouer un rôle clé, car l'agriculture intensive est imposée aux paysans dans la logique de globalisation que nous subissons (principe de l'offre et de la demande au niveau international). Rendez-vous dans 5 ans, pour voir les " progrès " accomplis.
G8 : on avance à reculonsMais l'environnement, c'est surtout à l'échelle mondiale qu'il faut y penser. En cette fin de printemps 2007, beaucoup attendaient de voir ce que le G8, à Heiligendamm en Allemagne, allait produire de constructif en la matière. La bonne nouvelle, c'est que pour la première fois, les huit pays les plus développés ont tous reconnu la nécessité d'une réduction substantielle des émissions de gaz à effet de serre. La mauvaise nouvelle : cet accord de principe n'engage à aucun objectif. Triste blague : cet accord demeure au stade de déclaration de principe. Le protocole de Kyoto a un sombre avenir devant lui. Mais rassurons nous, selon la chancelière Angela Merkel, les dirigeants des sept pays les plus industrialisés et de la Russie ont convenu de prendre sérieusement en considération une division par deux de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. En plus, tout le monde est d'accord pour en reparler en 2012. Ce qui fait que certains qualifient déjà cette rencontre de " grand succès ". Mieux vaut avoir le sens de l'ironie pour apprécier... Dans la même optique, selon Nicolas Sarkozy, " l'avancée est assez significative. L'important est qu'il y ait eu une trajectoire et que l'on progresse sur cette trajectoire ". Etrange, si tout le monde est d'accord, pourquoi ne pas s'entendre sur des objectifs précis et contraignants ? Très récemment, selon l'agence néerlandaise d'évaluation environnementale, la Chine a devancé les Etats-Unis en devenant le premier émetteur de CO2 en 2006, avec plus de 6,2 milliards de tonnes de CO2 émis dans l'atmosphère. Les industries émettent donc de plus en plus de CO2, en tout cas dans les pays en développement comme la Chine et l'Inde, et leur taux de croissance n'est pas prêt de s'arrêter. Où cela va-t-il nous mener ? Rendez-vous dans 2 ans, pour le prochain G8.
Procès Erika : " l'importance du préjudice écologique "Dans un autre registre, le mois de juin 2007 était également marqué par la fin du procès de l'Erika après 4 mois d'audiences. Le tribunal rendra son verdict le 16 janvier prochain. Au-delà des responsabilités pénales, les collectivités locales parties civiles, satisfaites du réquisitoire du procureur, attendaient que soit reconnu le préjudice écologique. Au delà du préjudice économique, c'est l'enjeu principal du procès Erika : donner toute sa force de dissuasion au principe "pollueur-payeur". Réponse en janvier prochain... Un peu de surf pour se remonter le moral ?Enfin, terminons tout de même cet édito sur un point positif ! Malheureusement il ne s'agit pas d'environnement, mais un peu de surf ne peut pas faire de mal. Jérémy Florès, le seul Français engagé sur le WCT cette année, fait des étincelles. Il a récemment terminé en 1/4 de finale à Teahupoo, en battant Slater et Burrow, et pointe à la 9ème place du classement mondial. A l'heure où commence le Rip Curl Pro à Arica, au Chili, parions que le prodige français réalise encore une bonne performance... Et pourquoi pas une victoire ? Rendez-vous à la fin de la saison...
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